老庄1968 2004-10-23 16:25
Donnerbac Muhle<br /><br />Hiver 1939<br /><br />Novembre de brumes, entends sous le bois la cloche du dernier sentier franchirle soir et dispara&icirc;tre<br /><br /> le v&Iuml;u lointain du vent séparer le retour dans les fers del'absence qui passe.<br /><br /> Saison d'animaux pacifiques, de filles sans méchanceté, vous détenezdes pouvoirs que mon pouvoir contredit ; vous avez les yeux de mon nom, ce nomqu'on me demande d'oublier.<br /><br /> Glas d'un monde trop aimé, j'entends les monstres qui piétinentsur une terre sans sourire. Ma s&Iuml;ur vermeille est en sueur. Ma s&Iuml;ur furieuseappelle aux armes.<br /><br /> La lune du lac prend pied sur la plage où le doux feu végétal del'été descend à la vague qui l'entra&icirc;ne vers un lit de profondes cendres.<br /><br />Tracée par le canon,<br />- vivre, limite immense -<br />la maison dans la forêt s'est allumée :<br />Tonnerre, ruisseau, moulin.<br /><br /><br />--------------------------------------------------------------------------------<br /><br />Le visage nuptial<br /><br />&Agrave; présent disparais, mon escorte, debout dans la distance ;<br />La douceur du nombre vient de se détruire.<br />Congé à vous, mes alliés, mes violents, mes indices.<br />Tout vous entra&icirc;ne, tristesse obséquieuse.<br />J'aime.<br /><br />L'eau est lourde à un jour de la source.<br />La parcelle vermeille franchit ses lentes branches à ton front, dimensionrassurée.<br />Et moi semblable à toi,<br />Avec la paille en fleur au bord du ciel criant ton nom,<br />J'abats les vestiges,<br />Atteint, sain de clarté.<br /><br />Ceinture de vapeur, multitude assouplie, diviseurs de la crainte, touchez marenaissance.<br />Parois de ma durée, je renonce à l'assistance de ma largeur vénielle ;<br />Je boise l'expédient du g&icirc;te, j'entrave la primeur des survies.<br />Embrasé de solitude foraine,<br />J'évoque la nage sur l'ombre de sa Présence.<br /><br />Le corps désert, hostile à son mélange, hier, était revenu parlant noir.<br />Déclin, ne te ravise pas, tombe ta massue de transes, aigre sommeil.<br />Le décolleté diminue les ossements de ton exil, de ton escrime ;<br />Tu rends fra&icirc;che la servitude qui se dévore le dos ;<br />Risée de la nuit, arrête ce charroi lugubre<br />De voix vitreuses, de départs lapidés.<br /><br />T&ocirc;t soustrait au flux des lésions inventives<br />(La pioche de l'aigle lance haut le sang évasé)<br />Sur un destin présent j'ai mené mes franchises<br />Vers l'azur multivalve, la granitique dissidence.<br /><br />&Ocirc; vo&ucirc;te d'effusion sur la couronne de son ventre,<br />Murmure de dot noire !<br />&Ocirc; mouvement tari de sa diction !<br />Nativité, guidez les insoumis, qu'ils découvrent leur base,<br />L'amande croyable au lendemain neuf.<br />Le soir a fermé sa plaie de corsaire où voyageaient les fusées vagues parmila peur soutenue des chiens.<br />Au passé les micas du deuil sur ton visage.<br /><br />Vitre inextinguible : mon souffle affleurait déjà l'amitié de ta blessure,<br />Armait ta royauté inapparente.<br />Et des lèvres du brouillard descendit notre plaisir au seuil de dune, au toitd'acier.<br />La conscience augmentait l'appareil frémissant deta permanence ;<br />La simplicité fidèle s'étendit partout.<br /><br />Timbre de la devise matinale, morte saison de l'étoile précoce,<br />Je cours au terme de mon cintre, colisée fossoyé.<br />Assez baisé le crin nubile des céréales :<br />La cardeuse, l'opini&acirc;tre, nos confins la soumettent.<br />Assez maudit le havre des simulacres nuptiaux :<br />Je touche le fond d'un retour compact.<br />Ruisseaux, neume des morts anfractueux,<br />Vous qui suivez le ciel aride,<br />Mêlez votre acheminement aux orages de qui sut guérir de la désertion,<br />Donnant contre vos études salubres.<br />Au sein du toit le pain suffoque à porter cr et lueur.<br />Prends, ma Pensée, la fleur de ma main pénétrable,<br />Sens s'éveiller l'obscure plantation.<br /><br />Je ne verrai pas tes flancs, ces essaims de faim, se dessécher, s'emplir deronces ;<br />Je ne verrai pas l'empuse te succéder dans ta serre ;<br />Je ne verrai pas l'approche des baladins inquiéter le jour renaissant ;<br />Je ne verrai pas la race de notre liberté servilement se suffire.<br /><br />Chimères, nous sommes montés au plateau.<br />Le silex frissonnait sous les sarments de l'espace ;<br />La parole, lasse de défoncer, buvait au débarcadère angélique.<br />Nulle farouche survivance :<br />L'horizon des routes jusqu'à l'afflux de rosée,<br />L'intime dénouement de l'irréparable.<br /><br />Voici le sable mort, voici le corps sauvé :<br />La Femme respire, l'Homme se tient debout.