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老庄1968 2004-10-23 16:26

Elsa<br /><br />Tandis que je parlais le langage des vers<br />Elle s&#39;est doucement tendrement endormie<br />Comme une maison d&#39;ombre au creux de notre vie<br />Une lampe baissée au coeur des myrtes verts<br /><br />Sa joue a retrouvé le printemps du repos<br />O corps sans poids pose dans un songe de toile<br />Ciel formé de ses yeux à l&#39;heure des étoiles<br />Un jeune sang l&#39;habite au couvert de sa peau<br /><br />La voila qui reprend le versant de ses fables<br />Dieu sait obéissant à quels lointains signaux<br />Et c&#39;est toujours le bal la neige les tra&amp;icirc;neaux<br />Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables<br /><br />Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis<br />Qu&#39;elle reste pareille aux marches du silence<br />Qui m&#39;échappe pourtant de toute son enfance<br />Dans ce pays secret à mes pas interdit<br /><br />Je te supplie amour au nom de nous ensemble<br />De ma suppliciante et folle jalousie<br />Ne t&#39;en va pas trop loin sur la pente choisie<br />Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble<br /><br />J&#39;ai peur éperdument du sommeil de tes yeux<br />Je me ronge le coeur de ce coeur que j&#39;écoute<br />Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route<br />Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux<br /><br /><br />--------------------------------------------------------------------------------<br /><br />La Rose et le Réséda<br /><br />Celuiqui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Tous deux adoraient la belle<br />Prisonnière des soldats<br />Lequel montait à l&#39;échelle<br />Et lequel guettait en bas<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Qu&#39;importe comment s&#39;appelle<br />Cette clarté sur leur pas<br />Que l&#39;un fut de la chapelle<br />Et l&#39;autre s&#39;y dérob&amp;acirc;t<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Tous les deux étaient fidèles<br />Des lèvres du coeur des bras<br />Et tous les deux disaient qu&#39;elle<br />Vive et qui vivra verra<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Quand les blés sont sous la grêle<br />Fou qui fait le délicat<br />Fou qui songe à ses querelles<br />Au coeur du commun combat<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Du haut de la citadelle<br />La sentinelle tira<br />Par deux fois et l&#39;un chancelle<br />L&#39;autre tombe qui mourra<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Ils sont en prison Lequel<br />A le plus triste grabat<br />Lequel plus que l&#39;autre gèle<br />Lequel préfère les rats<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Un rebelle est un rebelle<br />Deux sanglots font un seul glas<br />Et quand vient l&#39;aube cruelle<br />Passent de vie à trépas<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Répétant le nom de celle<br />Qu&#39;aucun des deux ne trompa<br />Et leur sang rouge ruisselle<br />Même couleur même éclat<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />Il coule il coule il se mêle<br />&amp;Agrave; la terre qu&#39;il aima<br />Pour qu&#39;à la saison nouvelle<br />M&amp;ucirc;risse un raisin muscat<br />Celui qui croyait au ciel<br />Celui qui n&#39;y croyait pas<br />L&#39;un court et l&#39;autre a des ailes<br />De Bretagne ou du Jura<br />Et framboise ou mirabelle<br />Le grillon rechantera<br />Dites fl&amp;ucirc;te ou violoncelle<br />Le double amour qui br&amp;ucirc;la<br />L&#39;alouette et l&#39;hirondelle<br />La rose et le réséda<br /><br /><br />--------------------------------------------------------------------------------<br /><br />Vers à danser<br /><br />Que ce soit dimanche ou lundi<br />Soir ou matin minuit midi<br />Dans l&#39;enfer ou le paradis<br />Les amours aux amours ressemblent<br />C&#39;était hier que je t&#39;ai dit<br />Nous dormirons ensemble<br /><br />C&#39;était hier et c&#39;est demain<br />Je n&#39;ai plus que toi de chemin<br />J&#39;ai mis mon coeur entre tes mains<br />Avec le tien comme il va l&#39;amble<br />Tout ce qu&#39;il a de temps humain<br />Nous dormirons ensemble<br /><br />Mon amour ce qui fut sera<br />Le ciel est sur nous comme un drap<br />J&#39;ai refermé sur toi mes bras<br />Et tant je t&#39;aime que j&#39;en tremble<br />Aussi longtemps que tu voudras<br />Nous dormirons ensemble<br /><br /><br />--------------------------------------------------------------------------------<br /><br />Les Yeux d&#39;Elsa<br /><br />Tes yeux sont si profonds qu&#39;en me penchant pour boire<br />J&#39;ai vu tous les soleils y venir se mirer<br />S&#39;y jeter à mourir tous les désespérés<br />Tes yeux sont si profonds que j&#39;y perds la mémoire<br /><br />&amp;Agrave; l&#39;ombre des oiseaux c&#39;est l&#39;océan troublé<br />Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent<br />L&#39;été taille la nue au tablier des anges<br />Le ciel n&#39;est jamais bleu comme il l&#39;est sur les blés<br /><br />Les vents chassent en vain les chagrins de l&#39;azur<br />Tes yeux plus clairs que lui lorsqu&#39;une larme y luit<br />Tes yeux rendent jaloux le ciel d&#39;après la pluie<br />Le verre n&#39;est jamais si bleu qu&#39;à sa brisure<br /><br />Mère des Sept douleurs &amp;ocirc; lumière mouillée<br />Sept glaives ont percé le prisme des couleurs<br />Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs<br />L&#39;iris troué de noir plus bleu d&#39;être endeuillé<br /><br />Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche<br />Par où se reproduit le miracle des Rois<br />Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois<br />Le manteau de Marie accroché dans la crèche<br /><br />Une bouche suffit au mois de Mai des mots<br />Pour toutes les chansons et pour tous les hélas<br />Trop peu d&#39;un firmament pour des millions d&#39;astres<br />Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux<br /><br />L&#39;enfant accaparé par les belles images<br />&amp;Eacute;carquille les siens moins démesurément<br />Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens<br />On dirait que l&#39;averse ouvre des fleurs sauvages<br /><br />Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où<br />Des insectes défont leurs amours violentes<br />Je suis pris au filet des étoiles filantes<br />Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d&#39;ao&amp;ucirc;t<br /><br />J&#39;ai retiré ce radium de la pechblende<br />Et j&#39;ai br&amp;ucirc;lé mes doigts à ce feu défendu<br />&amp;Ocirc; paradis cent fois retrouvé reperdu<br />Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes<br /><br />Il advint qu&#39;un beau soir l&#39;univers se brisa<br />Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent<br />Moi je voyais briller au-dessus de la mer<br />Les yeux d&#39;Elsa les yeux d&#39;Elsa les yeux d&#39;Elsa
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