老庄1968 2004-10-23 16:28
Mai<br /><br />Le mai le joli mai en barque sur le Rhin<br />Des dames regardaient du haut de la montagne<br />Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne<br />Qui donc a fait pleurer les saules riverains<br /><br />Or des vergers fleuris se figeaient en arrière<br />Les pétales tombés des cerisiers de mai<br />Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée<br />Les pétales flétris sont comme ses paupières<br /><br />Sur le chemin du bord du fleuve lentement<br />Un ours un singe un chien menés par des tziganes<br />Suivaient une roulotte tra&icirc;née par un &acirc;ne<br />Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes<br />Sur un fifre lointain un air de régiment<br /><br />Le mai le joli mai a paré les ruines<br />De lierre de vigne vierge et de rosiers<br />Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers<br />Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes<br /><br /><br />--------------------------------------------------------------------------------<br /><br />NUIT RH&Eacute;NANE<br /><br />Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme<br />&Eacute;coutez la chanson lente d'un batelier<br />Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes<br />Tordre leurs cheveux verts et longe jusqu'&auml; leurs pieds<br /><br />Debout chantez plus haut en dansant une ronde<br />Que je n'entende plus le chant du batelier<br />Et mettez près de moi toutes les filles blondes<br />Au regard immobile aux nattes repliées<br /><br />Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent<br />Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter<br />La voix chante toujours à en r&acirc;le-mourir<br />Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été<br /><br />Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire<br /><br />1902<br /><br /><br />--------------------------------------------------------------------------------<br /><br />LA LORELEY<br /><br />A Jean Sève<br /><br />A Bacharach il y avait une sorcière blonde<br />Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde<br /><br />Devant son tribunal l'évêque la fit citer<br />D'avance il l'absolvir &auml; cause de sa beautè<br /><br />0 belle Loreley aux yeux pleins de pierreries<br />De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie<br /><br />Je suis lasse de vivre er mes yeux sont maudits<br />Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri<br /><br />Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries<br />Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie<br /><br />Je flambe dans ces flammes o belle Loreley<br />Qu'un autre te condamme tu m'as ensorcelé<br /><br />Evêque vous riez Priez plut&ouml;t pour moi la Vierge<br />Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protêge<br /><br />Mon amant est parti pour un pays lointain<br />Faites-moi donc mourir puisque je n‘aime rien<br /><br />Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure<br />Si je me regardais il faudrait que j'en meure<br /><br />Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus la<br />Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla<br /><br />L'évêquc fit venir trois chevalicrs avec leurs lances<br />Menez jusqu'au couvent cette femme en démence<br /><br />Va-t'en Lore en folie va Lore aux yeux tremblants<br />Tu seras une nonne vêtuc de noir et blanc<br /><br />Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre<br />La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres<br /><br />Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut<br />Pour voir une fois encore mon beau ch&acirc;teau<br /><br />Pour me mirer une fois encore dans le fleuve<br />Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves<br /><br />Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés<br />Les chevaliers criaient Loreley Loreley<br /><br />Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle<br />Et mon amant s‘y tient il m'a vue il m'appelle<br /><br />Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient<br />Elle se penche alors et tombe dans le Rhin<br /><br />Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley<br />Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil<br /><br />1902