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pib : la chine double la grande-bretagne (le figaro)

本主题由 Don 于 2008-10-10 23:41 移动
PUISSANCE Avec 9,9% de croissance, le pays est devenu en 2005 la quatrième économie du monde.
Sixtine Léon-Dufour
[26 janvier 2006]
LES MESURES antisurchauffe mises en place par Pékin n'auront pas suffi. L'économie chinoise a continé à progresser en 2005 au rythme de 9,9% selon les tout derniers chiffres officiels publiés hier, après avoir déjà bondi de 10,4% en 2004. La croissance chinoise a donc été de 9,6% en moyenne sur les quinze dernières années. «C'est un superpétrolier en pleine lancée», analyse un économiste. Les mesures de restriction du crédit et la réévaluation du yuan n'ont pas freiné la machine.

A 2 225 milliards de dollars, la production totale de la Chine, portée par la vigueur de ses exportations et par l'investissement, est maintenant supérieure à celle de la France mais aussi à celle de la Grande-Bretagne (2 000 milliards). La Chine est donc la quatrième puissance économique mondiale derrière les Etats-Unis (11 700 milliards de dollars en 2004), le Japon et l'Allemagne. Le très officiel bureau national de statistiques chinois se félicite de la «poursuite stable de la croissance» et «d'un développement plus harmonieux», mais le reste du monde s'inquiète. Si l'activité chinoise venait à se gripper, cela aurait-il de funestes conséquences pour l'économie mondiale ?

Les analystes s'interrogent. Impressionnés, bien sûr, ils se demandent néanmoins si cette croissance est soutenable. Car la Chine est par trop dépendante de ses exportations (34% du produit intérieur brut l'année dernière) et donc aux aléas des marchés extérieurs. Ce sont les exportations qui ont permis à l'économie chinoise de doubler de taille en dix ans. De même, certains qualifient l'investissement (48,8% de la croissance) «d'excessif», alors que les usines chinoises sont déjà en surrégime.

Réduire les disparités sociales

Ha Jiming, le chef économiste de CICC, la plus grande banque chinoise d'investissement, précisait à l'agence Bloomberg : «Si la demande intérieure n'est pas capable de consommer ce que la Chine produit, vous aurez des surcapacités, des investissements gaspillés, de la déflation et des créances douteuses en plus.» La surproduction potentielle «reste un risque sérieux, renchérit la banque Lehman Brothers, il y a urgence à rééquilibrer l'économie chinoise pour la détourner de l'investissement vers la consommation». La demande intérieure est encore insuffisante : elle compte pour moins de 37% du PIB alors qu'au Japon, par exemple, la consommation des ménages s'élève à 55%. Pour corriger ce manque, il faut à la fois débloquer l'épargne que les Chinois, en l'absence de couverture sociale, accumulent par précaution, et surtout réduire les immenses disparités sociales.

A Davos, cette semaine, la Chine est au coeur des discussions de l'élite politique et économique. Mais aussi l'Inde, qui dans l'ombre du dragon chinois est guettée par le même phénomène d'emballement. Delhi vient d'ailleurs de relever son principal taux directeur à court terme de 25 points de base, à 5,5%, pour la troisième fois depuis mars dernier.
MSN:didier_xuyi@hotmail.com

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